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La fin du SNU : vers un nouveau service militaire volontaire

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Le Service national universel (SNU), lancé il y a quelques années pour renforcer la cohésion nationale et sensibiliser les jeunes à l’engagement citoyen, semble vivre ses derniers instants. L’idée de remplacer ce dispositif par un service militaire volontaire gagne du terrain. Pour beaucoup, c’est un changement majeur qui soulève autant d’espoirs que de questions.

Si le SNU disparaît, c’est qu’il n’a jamais vraiment trouvé sa place. Trop coûteux, mal organisé, parfois jugé inutile par les élèves comme par les enseignants, il n’a pas réussi à convaincre. Les séjours de deux semaines censés créer une “expérience de cohésion” se sont révélés trop courts pour marquer durablement. Du côté des armées, le dispositif ne s’est pas imposé non plus. Bref, il n’a pas rempli ses promesses.

Le service militaire volontaire, lui, s’annonce différent. Moins universel, mais plus ciblé, il s’adresserait à ceux qui souhaitent s’engager dans une expérience plus intense et plus concrète. On parle de missions en lien avec la défense, la sécurité civile ou encore le soutien aux collectivités. L’idée est d’offrir aux jeunes motivés une immersion plus sérieuse, plus utile aussi, qu’un simple séjour symbolique.

Ce choix n’est pas sans conséquences. Un service volontaire pourrait être mieux accepté par les armées et donner plus de sens à ceux qui y participent. Mais il risque aussi de renforcer une séparation : d’un côté ceux qui s’engagent, de l’autre ceux qui passent à côté. L’objectif initial du SNU était justement de toucher toute une génération, pas seulement une minorité. La question reste donc ouverte : comment recréer un sentiment d’appartenance partagé ?

C’est ici que l’école entre en jeu. Beaucoup estiment que c’est elle qui doit porter cette mission de cohésion. L’éducation civique, l’histoire, les projets collectifs et même certains symboles – drapeau, cérémonies, uniformes – pourraient être renforcés pour que la citoyenneté ne soit pas seulement une matière, mais une expérience vécue au quotidien. L’engagement citoyen ne devrait pas se limiter à deux semaines ou à une poignée de volontaires : il peut se construire dès le collège et le lycée, à travers des rituels communs et des projets locaux.

Pour les étudiants, ce débat n’est pas anodin. Il interroge notre rapport à la citoyenneté et à la solidarité. Faut-il rendre obligatoire une expérience nationale, quitte à la rendre artificielle, ou privilégier un engagement volontaire, plus sincère mais moins universel ? Faut-il miser sur l’école comme seul lieu d’apprentissage du civisme, ou recréer un cadre en dehors d’elle ?

Une chose est sûre : la fin du SNU n’éteint pas la question de l’engagement. Au contraire, elle la relance. Les prochaines années diront si le service militaire volontaire parvient à combler ce vide, ou s’il faudra inventer un tout autre modèle. En attendant, chacun peut s’interroger sur ce que signifie être citoyen aujourd’hui et sur la place que l’on veut donner à la solidarité dans nos parcours de jeunes adultes.

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