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Rentrée 2026 : un prof manquant dans un établissement sur deux
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Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray avait promis que les absences d'enseignants seraient "marginales" à la rentrée 2026. Les chiffres racontent une autre histoire. Selon une enquête du SNES-FSU, le premier syndicat du second degré, publiée le 7 septembre 2026, il manquait au moins un professeur dans 53 % des collèges et lycées publics au premier jour de la rentrée. Et si l'on élargit à l'ensemble des personnels éducatifs, CPE, assistants d'éducation, AESH et psychologues scolaires inclus, c'est 69 % des établissements qui ont fait leur rentrée avec une équipe incomplète.
La cinquième année consécutive
Ce chiffre n'est pas une surprise. C'est la cinquième année consécutive que le SNES-FSU publie un bilan similaire à la rentrée. En 2025, l'enquête révélait que 73 % des établissements avaient une équipe incomplète. En 2026, on en est à 69 %. Une légère amélioration sur le papier, mais qui ne change pas le fond : une majorité des collèges et lycées français démarre chaque année sans tous ses enseignants.
Le syndicat est sans ambiguïté sur les causes : "Ce sont les élèves qui vont en subir les conséquences pendant plusieurs semaines. Ces chiffres sont le résultat de choix politiques qui ont asphyxié le service public d'Éducation."
Les matières les plus touchées
La pénurie ne se répartit pas uniformément entre les disciplines. Les matières les plus déficitaires sont les mathématiques, le français, la physique-chimie et l'anglais, c'est-à-dire les matières centrales du curriculum scolaire, celles dont dépend le plus directement la réussite des élèves aux examens et dans leur poursuite d'études.
Pour des élèves de troisième qui préparent leur brevet ou des lycéens qui préparent le baccalauréat, démarrer l'année sans enseignant dans ces matières représente un handicap réel, difficile à rattraper même quand un remplaçant finit par être trouvé.
Des disparités géographiques marquées
Toutes les académies sont touchées, mais certaines le sont bien plus que d'autres. L'académie de Versailles est particulièrement exposée : plus de 70 % de ses établissements manquaient d'au moins un professeur à la rentrée. Les académies de Toulouse (66,7 %), Nantes (61,7 %) et Créteil (61,1 %) figurent également parmi les plus touchées.
Ces disparités géographiques reflètent des réalités très différentes en termes d'attractivité des postes, de coût de la vie pour les enseignants et de conditions d'exercice du métier selon les territoires.
Un problème d'attractivité profonde
La pénurie d'enseignants n'est pas conjoncturelle. Elle traduit une crise d'attractivité du métier qui s'installe dans la durée. Les concours de recrutement peinent à attirer des candidats en nombre suffisant : le CAPES de mathématiques, par exemple, n'a pas réussi à pourvoir tous ses postes depuis plusieurs années. Les salaires en début de carrière, bien que revalorisés en 2023, restent en deçà de ce que proposent des secteurs comparables en termes de niveau d'études requis.
À cela s'ajoute une dégradation des conditions de travail perçue par une partie de la profession : classes surchargées, multiplication des missions, sentiment de perte d'autorité et de reconnaissance. Des facteurs qui pèsent sur les vocations et accélèrent les départs anticipés à la retraite.
Ce que ça change concrètement pour les élèves
Un établissement qui manque d'un professeur en début d'année se retrouve face à plusieurs options, toutes imparfaites : redistribuer les heures entre les enseignants présents, faire appel à des contractuels parfois recrutés en urgence sans formation initiale, ou laisser des classes sans cours pendant plusieurs semaines. C'est cette dernière situation, la plus visible et la plus difficile à justifier pour les familles, qui génère le plus de tensions à la rentrée.
Pour les élèves, particulièrement ceux qui préparent des examens, chaque semaine sans enseignant est une semaine de retard sur le programme. Un retard que ni les parents ni les remplaçants ne peuvent toujours compenser.
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