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Stage de seconde : une proposition de loi demande sa suppression
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15 juin 2026
Depuis 2024, tous les élèves de seconde générale et technologique effectuent un stage d'observation de deux semaines en entreprise au mois de juin. Un dispositif présenté à son lancement comme une opportunité de découverte du monde du travail, qui se retrouve aujourd'hui au coeur d'une vive controverse après plusieurs accidents mortels.
La mort d'Axel, le déclencheur
Le 17 juin 2025, Axel Darthenay, 16 ans, est renversé par une palette de marchandises au deuxième jour de son stage d'observation dans un magasin de Saint-Lô, dans la Manche. Son père, Arnaud Darthenay, devient depuis lanceur d'alerte sur les dangers de ces stages. "Axel ne travaillait pas, Axel venait d'avoir 16 ans", témoigne-t-il. Le 10 juin 2026, il est venu témoigner à l'Assemblée nationale, photo de son fils devant lui, aux côtés du député Paul Vannier.
Selon Matthieu Lépine, auteur de l'enquête de référence sur les accidents du travail mortels en France, aucune série de morts d'une telle ampleur concernant des mineurs n'avait été observée jusqu'alors. Pour lui, ces drames sont "la conséquence prévisible et évitable d'un choix politique délibéré."
Une proposition de loi LFI pour supprimer le stage de seconde
Le 10 juin 2026, le député Paul Vannier (La France insoumise) dépose une proposition de loi, signée par l'ensemble du groupe LFI, visant à "supprimer les séquences d'observation obligatoires de seconde et à réformer celles de troisième." Le premier article du texte interdit tout stage pour les élèves de seconde générale et technologique. Le second propose de remplacer le stage de troisième par un dispositif revu.
Des failles pointées de toutes parts
Le texte trouve des soutiens au-delà de LFI. La députée communiste Elsa Faucillon, qui portait elle-même une proposition similaire, s'engage à le signer. Elle pointe une particularité préoccupante : contrairement aux élèves de la voie professionnelle, les lycéens de seconde générale et technologique ne bénéficient "d'aucun cours de prévention et de sécurité au travail." Elle souligne aussi que ces élèves sont d'autant moins suivis par leurs enseignants que juin est la période des épreuves du baccalauréat.
Le syndicat Snalc estime pour sa part que le stage de seconde est "le moins surveillé et le plus flou" de tous les dispositifs de ce type.
Le ministre de l'Éducation veut maintenir le dispositif
Face à la polémique, le ministre de l'Éducation nationale a rappelé que le stage de seconde doit rester un stage "d'observation" et que "les élèves ne doivent s'exposer à aucun danger que ce soit." Une position qui maintient le principe du dispositif tout en reconnaissant implicitement que sa mise en oeuvre pose problème.
Un débat qui dépasse la sécurité
Au-delà des accidents, c'est l'ensemble du dispositif qui est questionné : son utilité pédagogique réelle, les inégalités d'accès aux stages selon les réseaux familiaux des élèves, et la logique qui sous-tend son existence. Un député du Val-d'Oise a présenté à l'Assemblée une proposition pour garantir la sécurité des élèves comme "une finalité éducative et contrer toute logique utilitariste."
La proposition de loi de Paul Vannier doit encore être inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale pour être examinée. Son avenir législatif reste donc incertain, mais le débat, lui, est désormais ouvert.
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Après plusieurs accidents mortels impliquant des lycéens en stage, le député LFI Paul Vannier a déposé une proposition de loi pour supprimer le stage obligatoire de seconde et réformer celui de troisième. Un texte porté par la douleur d'un père.

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