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Des jeunes de plus en plus diplômés, mais des difficultés d’insertion qui subsistent pour les moins diplômés
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En quarante ans, la proportion de bacheliers dans une génération a augmenté de 50 points pour atteindre près de 80 % en 2023. Dans le même temps, la part des 25-29 ans diplômés du supérieur a progressé de 11 points en vingt ans pour s'établir à 52 %. La France forme de plus en plus, et de plus en plus longtemps. Mais derrière ces chiffres globalement positifs, une réalité persiste : le niveau de diplôme reste le facteur le plus déterminant dans l'accès à l'emploi, et l'écart entre les profils se creuse plutôt qu'il ne se réduit.
Un diplôme du supérieur qui protège de plus en plus, les autres de moins en moins
Selon les données de l'INSEE publiées en 2025, le taux de chômage des jeunes sortis depuis un à quatre ans de formation initiale atteint 14 % en 2023. Mais ce chiffre global masque des réalités très inégales selon le niveau d'études : 8 % pour les diplômés du supérieur, 22 % pour ceux diplômés au plus du baccalauréat, et 42 % pour les peu ou pas diplômés.
En d'autres termes, un jeune sans diplôme ou avec un brevet des collèges a cinq fois plus de risques d'être au chômage qu'un jeune diplômé du supérieur. Un rapport de 1 à 5 qui n'a pas fondamentalement évolué depuis 2014, malgré les politiques publiques d'insertion et de formation professionnelle déployées sur la période.
Les moins diplômés subissent aussi les pires conditions d'emploi
Le chômage n'est que le symptôme le plus visible d'une insertion dégradée pour les moins formés. Lorsqu'ils trouvent un emploi, les jeunes peu ou pas diplômés occupent plus souvent des postes à temps partiel subi, des contrats à durée limitée ou des emplois non qualifiés.
Parmi les jeunes sortis depuis un à quatre ans de formation initiale, 47 % des peu ou pas diplômés en emploi sont en CDD, intérim, alternance ou stage, contre 21 % des diplômés du supérieur. Leur salaire mensuel net médian s'établit à 1 200 euros, contre 2 000 euros pour les diplômés du supérieur long. Enfin, 30 % d'entre eux travaillent à temps partiel, contre 9 % des diplômés du supérieur, et subissent cette situation dans la grande majorité des cas.
7 mois en moyenne pour trouver son premier emploi, mais de grandes disparités
En moyenne, les jeunes sortis de formation initiale en 2017 ont mis 7 mois pour accéder à leur premier emploi, et 19 mois pour décrocher un premier contrat à durée indéterminée. Là encore, l'écart selon le niveau de diplôme est considérable : 9 mois seulement pour les diplômés des écoles de commerce ou d'ingénieurs, contre 22 mois pour les peu ou pas diplômés. Ce dernier groupe a également passé 39 % de ses six premières années de vie active au chômage, contre 9 % pour les diplômés du supérieur.
L'apprentissage, levier d'insertion massif depuis 2018
Un des faits marquants de ces dernières années est l'explosion de l'apprentissage. Sous l'impulsion de la loi de 2018 "pour la liberté de choisir son avenir professionnel" et de l'aide exceptionnelle instaurée en 2020, le nombre d'apprentis a plus que doublé en cinq ans pour atteindre 1 021 500 en décembre 2023.
Cette progression a profondément reconfiguré le visage de l'apprentissage : 62 % des apprentis préparent désormais un diplôme du supérieur, contre seulement 39 % en 2017 et 2 % en 1992. Le dispositif, jadis associé aux voies professionnelles courtes, est devenu un chemin d'accès aux formations de management, de commerce ou d'informatique. Les données montrent que les apprentis s'insèrent mieux que leurs homologues de la voie scolaire, notamment grâce à leur connexion directe avec le monde de l'entreprise : 27 % d'entre eux sont encore chez le même employeur six mois après la fin de leur formation.
Des inégalités sociales qui se transmettent malgré la hausse des diplômes
La progression générale du niveau de diplôme ne s'accompagne pas d'un effacement des inégalités d'origine sociale. En 2023, 76 % des 25-44 ans dont les parents appartiennent à un ménage à dominante cadre ou intermédiaire sont diplômés du supérieur, contre seulement 27 % pour ceux issus de ménages à dominante ouvrière ou sans emploi.
Les parcours des jeunes entrés en sixième en 2007, observés jusqu'en 2023, confirment que l'influence familiale reste un déterminant majeur de la poursuite d'études : implication des parents dans la scolarité, aspirations pour l'avenir, accès aux réseaux et aux informations sur les filières. Des facteurs difficiles à compenser par les seuls dispositifs publics d'orientation.
La formation continue, un filet de sécurité encore trop inégal
Une fois sortis du système éducatif, les adultes continuent de se former, mais là encore de façon très inégale. En 2022, 75 % des personnes diplômées à bac+5 ou plus ont suivi au moins une formation au cours des douze derniers mois, contre seulement 22 % des peu ou pas diplômés. Autrement dit, ceux qui en auraient le plus besoin y accèdent le moins.
Le Compte personnel de formation a contribué à élargir l'accès à la formation continue, notamment pour les demandeurs d'emploi, mais le nombre d'entrées en formation dans ce cadre a diminué de 28 % en 2023 après l'instauration de mesures de régulation et de lutte contre la fraude. Un recul qui interroge sur la capacité du dispositif à maintenir son rôle d'ascenseur pour les publics les plus éloignés de la formation.
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La France forme de plus en plus de diplômés du supérieur, mais l'écart entre les niveaux de qualification ne cesse de se creuser sur le marché du travail. Selon l'INSEE, un jeune peu ou pas diplômé a cinq fois plus de risques d'être au chômage qu'un diplômé du supérieur.

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